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L'Ouche en crue cinquantennale le 5 mai 2013

C’est rare, mais c’est arrivé : l’Ouche a fortement débordé du 4 au 6 mai 2013, faisant parfois des dégâts. Retour sur ce phénomène marquant et exceptionnel.

 

 

Tout d’abord, un constat : un cours d'eau, ça bouge. Ca gonfle et déborde : ce sont les périodes de hautes eaux voire de crues ; et ça s’épuise : ce sont les périodes d’étiage. Pour les surveiller, les services de l’Etat veillent et alertent lorsqu’un risque d’inondation se présente ou lorsque l’étiage est important en période de sécheresse. Les deux extrêmes posent bien évidemment des problèmes sur les activités humaines ou les biens. Bien que les « mouvements d’humeur » d’une rivière soient tout à fait naturels, ils peuvent être sources de perturbation ou de menace pour ses riverains.

 

Concernant les crues importantes, même si l’Ouche connaît des fluctuations saisonnières marquées, la situation qu’ont vécue les riverains ces derniers jours ne s’était pas présentée depuis 1965, date de la dernière crue cinquantennale de l’Ouche. Cette crue, impressionnante, avait fait déborder le lac Kir provoquant l’inondation de plusieurs rues de Dijon.

 

Les récurrences des crues

Qu’est-ce qu’une crue cinquantennale ? Il ne s’agit pas d’une crue qui reviendrait tous les 50 ans : c’est une crue qui a un risque sur 50 de se produire chaque année en termes d’occurence. On dit également qu’elle a une période de retour de 50 ans (c’est-à-dire que statistiquement, elle risque de se produire en moyenne une fois en 50 ans). Une crue cinquantennale, même si elle reste exceptionnelle, peut ainsi se produire deux fois sur une plus courte période.

Ainsi :

  • Une crue biennale a un risque sur 2 de se produire chaque année : statistiquement, c’est une crue qui a une période de retour de 2 ans en moyenne.
  • Une crue décennale a un risque sur 10 de se produire chaque année : statistiquement, c’est une crue qui a une période de retour de 10 ans en moyenne.
  • Une crue cinquantennale a un risque sur 50 de se produire chaque année : statistiquement, c’est une crue qui a une période de retour de 50 ans en moyenne.
  • Une crue centennale a un risque sur 100 de se produire chaque année : statistiquement, c’est une crue qui a une période de retour de 100 ans en moyenne.
  • Une crue millennale a un risque sur 1 000 de se produire chaque année : statistiquement, c’est une crue qui a une période de retour de 1 000 ans en moyenne.

 

Le graphique ci-avant montre l'hydrogramme de la crue de l'Ouche à Pont de Pany. La ligne horizontale violette symbolise le débit de crue cinquantennale, on peut voir que ce dernier a été dépassé le 4 mai 2013. On remarque également que dans les jours précédents, deux crues biennales ont été enregistrées le 26 avril et le 02 mai (ligne jaune clair). Dans un cours d'eau à la morphologie naturelle, comme l'Ouche à l'amont de Dijon, ce type de crue correspond généralement au débit de plein bord, c'est-à-dire juste avant le débordement de la rivière.

 

 

Le risque inondation

La crue qui s’est produite ces derniers jours rappelle combien il est difficile d’urbaniser les berges d’une rivière sans risquer d’être sinistré lors d’inondations. Mais pour se prémunir et prendre en compte le risque inondation, les services de l’Etat, les communes et les bureaux d’urbanisme mettent peu à peu en place des mesures de prévention :

 

  • périmètres de protection contre le risque inondation,
  • mesures compensatoires de l’imperméabilisation des sols (bassin de rétention…)
  • sauvegarde des champs d’expansion des crues (zone de débordement dans le lit majeur d’une rivière)
  • alternatives au drainage agricole

 

 

Sur l'Ouche en amont de Dijon, le débit de crue enregistré à la station hydrométrique de Pont de Pany ne montre pas de différence significative entre la crue de 2001 et celle de 2013. Cependant, les témoignages recueillis dans la vallée semblent montrer que la crue de 2013 est plus importe que celle de 2001 et se rapproche d'un évènement observé en 1965. En effet, bon nombre de caves, même hors du champ d'inondation de la rivière, ont été inondées. On peut penser que cela est dû au fait que le bassin était plein d'eau, à la manière d'une éponge qui ne peut accueillir plus d'eau à cause de l'hydrologie des jours précédents. A l'inverse, on peut penser qu'en 2001, c’est le ruissellement qui aurait été en cause, avec un évènement pluviométrique plus important. La comparaison des évènements pluviométriques permettrait de confirmer ou non ces hypothèses.

Les repères ou marques de crue

A noter que lorsqu’une crue exceptionnelle se produit, la règlementation impose de marquer le niveau de cette crue. La marque de crue peut être gravée à même la pierre (par exemple sur les monuments), une plaque fixée à un mur, un bâtiment ou un pont, ou un totem de crues. Ces repères permettent de garder en mémoire le niveau atteint par la crue, la mémoire d’homme étant trop subjective et peu fiable dans le temps.

 

Ces repères permettent de mieux comprendre le risque encouru en zone inondable : c’est donc important pour la connaissance des phénomènes et leurs conséquences sur les personnes et les biens, on parle de « culture du risque ». C’est la raison pour laquelle les repères de crues font partie des obligations légales des collectivités locales d'informer les citoyens sur les risques majeurs qu'ils encourent, auxquels appartient le risque d'inondation. Cette obligation légale renvoie à la loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages. L'article 42 de la loi précise que « dans les zones exposées au risque d'inondation, le maire, avec l'assistance des services de l'État compétents, procède à l'inventaire des repères de crues existant sur le territoire communal et établit les repères correspondant aux crues historiques, aux nouvelles crues exceptionnelles ... La commune ou le groupement de collectivités territoriales compétent matérialise, entretient et protège ces repères. »

 

Les zones sinistrées

Si les habitants ou professionnels du territoire ont subi un sinistre, il est important de faire une déclaration auprès de son assurance. Il est également possible de rapporter en mairie des pièces justificatives afin que les services municipaux répertorient les sinistrés. Ce n’est qu’à cette condition que les sinistres pourront être reconnus comme inhérents à ce phénomène de crue.

 

 

 

Pour en savoir plus…

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur les sites Internet de surveillance des débits des cours d’eau :

 

La carte ci-contre montre que l’ensemble de la Côte d’Or, au-delà du bassin de l’Ouche, est touché. Les points rouge montrent également des crues supérieures à la décennale sur les autres bassins voisins (Tille, Seine, Armançon…).

 

 

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